Le Cinéma Québécois

On 8 February 2011 by Jérôme

Comment se porte le cinéma au Québec? Qu’est ce que l’on peut voir au cinéma dans les salles à/au Québec ? Pourquoi ? Comment caractériser le cinéma Québécois ?

Je vais essayer de répondre à tout ça à partir de mon expérience dans la ville de Québec et de mes recherches sur la toile 🙂
Ce premier article se contentera de dresser une vue générale de la situation ici et dans un second article je me concentrerai sur le cinéma Québécois (les films, les réalisateurs …)

Encore une fois, la position géographique de la province alliée à sa culture, lui donne une particularité … positive ou négative, à vous de choisir.
La culture (Francophone) du Québec influe sur l’offre, le choix des films proposés dans les salles au Québec.
Sa position géographique (appartenance au Canada et proximité avec les États-Unis), quant à elle, influe sur la disponibilité des films, elle est presque la même qu’aux É-U. Donc hormis les films à sortie internationale, les films américains, canadiens ou québécois sortent 2 à 6 mois plus tôt qu’en France, alors que les films européens sortent avec 3 à 12 mois de retard. A noté que, aussi bien les films Français au Québec que les films Québécois en France ne sont pas assurés d’être diffusé au cinéma.

Exemples :
« Le Cygne Noir » (Black Swan, É-U) est sortie le 10 décembre au Québec et le 9 février 2011 en France
« Incendies » (Qc) est sortie le 17 septembre 2010 au Québec et le 12 janvier 2011 en France
« Mesrine : L’instinct de mort » (Fr) est sortie le 22 octobre 2008 en France et le 13 aout 2010 au Québec (C’est un cas extrême de retard)

D’où vient ce délai ? Il peut avoir plusieurs origines :

  • Réalisation du doublage, surtout s’il doit être fait par l’« acquéreur »
  • Nombre de bobines du film disponibles
  • Les lois
  • Les accords producteur/distributeur/exploitant

C’est surtout ce dernier point, la filière de distribution, qui est à mon avis, la cause de ses délais.
Je n’ai pas encore saisi toute les nuances de la distribution d’un film dans le monde, mais entre découpage territoriale, achat des droits, revente, droit de diffusion … etc. Il y a de quoi s’arracher les cheveux.

Même les professionnels s’y perdent parfois, extrait d’un article (http://www.judaicine.fr/2010/07/le-concert-prive-de-sortie-au-quebec) :

« Alors que Le concert devait arriver sur les écrans québécois le week end dernier, le distributeur local, Films Séville, a été contraint de retirer le film de Radu Mihaileanu du programme à peine deux jours avant la date de sortie prévue, en raison d’un imbroglio avec le distributeur américain… Celle-ci a du être repoussée in extremis au début du mois d’août ! Victime d’une obligation contractuelle, à laquelle devait se soumettre le distributeur local, qui l’interdisait de mettre le film à l’affiche dans les salles québécoises avant que le distributeur américain, The Weinstein Company, ne le fasse. »

Donc, en essayant de résumer ce que j’ai compris :
La distribution c’est la vente des films auprès des diffuseurs ; les diffuseurs étant les salles de cinéma, mais aussi la télévision par exemple. Pour qu’une compagnie puisse distribuer un film, il faut qu’elle en ait acquérit les droits.
Un distributeur acquiert généralement les droits d’un film pour une diffusion sur son territoire.

Le Canada fait partie du « territoire » de distribution des Etats-Unis, donc la plupart des films sont vendues aux salles canadiennes par les distributeurs Américains, ou des distributeurs Canadiens qui leurs sont affiliés. On comprend bien que le cinéma francophone distribué au Québec n’est pas vraiment la priorité des compagnies Américaines. Les salles Québécoises sont du coup, soumises aux conditions des distributeurs Américains.
Il existe bien sur des distributeurs locaux, Canadiens ou Québécois, plus ou moins indépendant, mais ils n’ont pas toujours le porte monnaie nécessaire pour acheter les droits des grands films Français ou internationaux (non nord américains).
C’est à la rigueur dans le cas où aucun distributeur Américains ne sera intéressé par un film, que les distributeurs Canadiens auront leur chance.

Les distributeurs canadiens :

Il y a quand même quelques lois, ou accords, qui visent à protéger le marché Québécois, mais ils ne satisfont pas toujours, ou pas entièrement les acteurs locaux du marché du cinéma.

Le Québec a signé un accord avec la MPAA (Motion Picture Association of America), en 1986, renouvelé la dernière fois en 2008 :
Les membres de la MPAA n’ont pas le droit de distribuer des films en langue française originale au Québec.
Ils peuvent distribuer des films en langue étrangère (ni Français, ni Anglais) originale si ces studios sont également les producteurs (à 100%) ou s’ils ont une autorisation du ministère.
Les membres peuvent distribués des films en langue anglaise, au Québec, s’ils possèdent les droits de distribution mondiale, ou s’ils sont producteurs du film à au moins 50% (avec un montant d’investissement minimum de 18 millions de dollars).

Il n’y a pas de loi qui force la traduction des titres de film au Québec, mais la loi 101 stipule que la première d’un film de langue étrangère doit se faire avec la version Française au Québec.

Il n’y a pas à ma connaissance, au Québec, l’équivalent des cinémas d’art et essai Français avec sa classification et ses règles (http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_et_Essai). Ce qui s’en rapproche le plus sont des cinémas internationaux, où l’on va trouver essentiellement des films d’auteurs et quelques « block-buster » américains, genre Harry Potter.
Mais dans l’ensemble, je dispose à Québec d’une offre de qualité grâce aux cinémas Le Clap et Cartier où j’ai la possibilité de voir les films d’auteurs Québécois et une partie des films Français … il faut juste être patient 😉 . Toutes les autres salles font parties de la chaine de cinémas Cineplex-Odéons.

A bientôt pour un prochain article sur le cinéma Québécois, sa santé, les meilleurs films, les meilleurs réalisateurs … etc